Le Projet National de Modernisation de l’Agriculture Irriguée suppose une amélioration significative de l’efficience du système d’irrigation destiné à l’agriculture, en contribuant à la résilience du pays face au changement climatique.

Auteur: Yvan Castaigne

Plan Maroc Vert

L’agriculture d’irrigation marocaine représente 45% de la valeur ajoutée, 50% de l’emploi rural et 75% des exportations agricoles du pays. En 2008, le Maroc a lancé, au sein de son « Plan National Maroc Vert », un programme d’économie et d’optimisation de l’eau d’irrigation pour les petits irrigants qui exploitent encore des systèmes collectifs d’irrigation gravitatoire ou d’aspersion obsolètes et inefficaces.

En plus de leur manque d’efficacité, ces systèmes présentent de sérieuses lacunes en ce qui concerne leur efficacité énergétique, et contribuent au gaspillage de l’eau dans un pays qui souffre d’importants épisodes de sècheresse.

Dans le cadre de la Facilité Euro-méditerranéenne d’Investissement et de Partenariat (FEMIP), la Banque Européenne d’Investissements (BEI) a octroyé en 2012 un prêt de 42,5M€ au Royaume du Maroc pour moderniser les infrastructures hydrauliques de 21.000 hectares de terres irriguées collectives et les convertir en irrigation au goutte-à-goutte au service de 7.800 agriculteurs. Avec ce Programme, le Maroc est en train de convertir au goutte-à-goutte 220.000 hectares de cultures dotés d’infrastructures collectives de distribution d’eau d’irrigation obsolètes.

En soutien à ce prêt, l’Union Européenne a fourni, à travers une donation, une assistance technique au Ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts afin de supporter l’utilisation de ces investissements dans les trois régions bénéficiaires du projet[1] : Gharb, Haouz et Souss-Massa présentant des problématiques sociales, environnementales et des techniques d’irrigation très différentes.

Le point de départ étant une analyse sectorielle qui a permis d’identifier différentes restrictions au développement de l’agriculture marocaine auxquelles le programme devait faire face : les faibles ressources en eau, le manque d’efficacité des systèmes d’irrigation et la faiblesse de compétences techniques dans les exploitations agricoles familiales. De plus, on a constaté une sous-évaluation des eaux de surface et souterraines due au manque d’efficience du système d’irrigation, supposant une sous-utilisation de précieuses ressources.

Globalement, la réalisation des ouvrages hydrauliques entre la captation de l’eau (rivière, barrage ou eaux souterraines) et le raccordement à l’entrée de chaque parcelle a été soulignée comme la partie du projet la plus facile à exécuter, s’agissant d’une activité technique. Cependant, le travail destiné à mobiliser les agriculteurs et les soutenir pour sélectionner, acquérir, installer et gérer leurs équipements de goutte-à-goutte (ingénierie sociale) a exigé beaucoup plus de temps et d’efforts que ce qui était prévu dans la planification initiale. Et il ne fait pas de doute que le renforcement des capacités de communautés d’irrigants autonomes pour une meilleure utilisation des ressources limitées en eau est la garantie d’une meilleure production agricole moins gourmande en eau.

Le programme mené à bien au Maroc se démarque grâce à deux contributions principales. La première est liée à la modernisation des infrastructures ayant des répercussions directes sur l’efficience et durabilité du système productif, avec l’impact économique qu’elles impliquent.

L’amélioration du système d’irrigation a comme conséquence directe la réduction de la consommation d’eau.

La deuxième contribution importante du programme tient à son impact au niveau environnemental, dans la mesure où l’amélioration du système d’irrigation a comme conséquence directe la réduction de la consommation d’eau, qui est une des principales contraintes á laquelle doit faire face l’agriculture marocaine. Dans ce contexte, le Programme PNEEI suppose un progrès important dans le processus d’optimisation des ressources avec ses répercussions directes sur le développement du secteur agricole.

En 2016, le taux de croissance du Maroc a diminué drastiquement, passant de 4,5% (en 2015) à 1,6%. Cette baisse importante se doit à une forte réduction de la valeur ajoutée agricole, provoquée par une importante sécheresse en 2016 qui s’est révélée être la plus sèche des 30 dernières années.

Des épisodes de ce type, qui reflètent l’impact du changement climatique, pourront avoir moins de conséquences à l’avenir grâce à des Programmes comme le PNEEI, grâce auquel un nouveau système d’irrigation efficiente au Maroc devient réalité.

 

[1] Le service d’assistance technique est fourni par l’entreprise Eptisa

Leave a Reply